LÉA ETCHEGOYHEN, RETOUR AUX SOURCES

Retour aux sources pour cette cheffe, Léa Etchegoyhen, architecte reconvertie à la cuisine et autodidacte. Elle nous fera découvrir sa cuisine tout au long de la saison, en travaillant les produits de nos producteurs chouchou du coin. Elle se présente et répond à nos questions.

D’où viens-tu ? Je peux dire que je suis basquo.rochelaise ? De basque, j’ai surtout le nom et le caractère, je suis née et j’ai grandi entre La Rochelle et l’île de Ré. Mais du côté maternel et paternel, je suis basque, plutôt des terres et des montagnes, Mauléon, Tardets. Le Pays basque, c’est mes vacances, les cousins, les grandes tablées. J’ai donc grandi dans le grand sud-ouest, toujours près de la mer, et surtout au grand air, chose essentielle pour moi.

Comment es-tu devenue cheffe ? Encore en école d’architecture à Bordeaux, la cuisine est peu à peu apparue comme un passe-temps à côté du rythme assez intense des cours. C’est devenu une vraie passion, j’ai commencé à cuisiner pour les copains, la famille, à faire ça avant d’aller en cours (et après), à beaucoup lire et tenter d’en apprendre plus. Un jour, je me suis dit « et pourquoi pas essayer en tant que cheffe privée? », alors je me suis lancée. D’abord pour quelques convives et puis ça a vite pris. A la fin de mes études, j’ai travaillé plusieurs mois dans un petit café à Bordeaux où je faisais des plats du marché, mais aussi quelques extras lors de voyages. Je crois que le déclic a été là.

J’ai quand même bouclé mes études, été diplômée et travaillé un an dans une petite agence d’archi bordelaise, où l’on bossait sur des projets locaux et respectueux de l’environnement. En même temps, j’ai continué d’exercer chez les particuliers et lors d’événements ponctuels. Très curieuse, je me suis aussi prise au jeu de la fermentation du pain au levain naturel, aux côtés de mon voisin boulanger Laurent L’Hénaff. J’aime bien dire « Levain, la vie ».

Et puis comme beaucoup, j’ai réalisé que rester derrière un ordinateur n’était pas pour moi, le confinement l’a confirmé alors j’ai décidé de me lancer pleinement dans la cuisine. Parce que c’est ça qui me faisait lever le matin. En 2020, j’ai intégré l’équipe du Bistro Bao, sur l’île de Groix. Et depuis, je vogue un peu partout entre le Sud-Ouest, Paris, Marseille pour faire des popup avec des copains chef.fe.s, rencontrer des paysans et producteurs. Depuis quelques mois, je fais partie du collectif de L’École Comestible qui propose des ateliers aux écoliers afin de les éduquer au bien manger, de les éveiller à la nature et aux autres.

Un plat signature ? Une spécialité ? Je suis bien trop jeune pour ça, et surtout je pense que la cuisine évolue en permanence, on s’inspire des endroits où on va, où on vit et on se nourrit des autres. Je dirais juste que j’aime particulièrement tout ce qui vient de la terre : les maraîchers, cueilleurs et producteurs nous offrent des trésors. Ayant grandi près de la mer, j’adore cuisiner les coquillages et poissons. Il parait que les pâtes aux palourdes et au fenouil sauvage que je prépare l’été aux copains sont pas mal !

Comment Providence est apparu dans ton radar ? J’ai découvert Providence il y a 2 ans je dirais. Vadrouillant au Pays Basque assez souvent et commençant à m’intéresser à la cuisine, j’étais tombée dessus par hasard sur Instagram, lors de la résidence de Céline Pham. Puis je m’y suis rendue plusieurs fois avec des copains. Déjà, je trouvais l’idée d’accueillir des chef.fe.s pour des temps donnés, absolument géniale. Mais si un jour on m’avait dit que je passerais derrière les fourneaux, jamais je ne l’aurais cru. 

Qu’est ce qui est important pour toi dans la Cuisine ? Le vivant, la nature, ce qui m’entoure. C’est ça qui m’inspire, il faut la respecter, observer, apprendre, s’adapter, faire avec. C’est tout ça qui guide mes envies. J’aime réunir les gens autour d’une grande table joyeuse, avec des choses simples, mais qui ont et racontent des histoires. Au-delà de juste la cuisine, c’est surtout tout ce qu’il y a derrière qui m’intéresse. C’est niais à dire mais la cuisine me rend vivante.

Premier service de Léa à emporter le Samedi 17 Avril pour le déjeuner. Commandes ici dès la veille 18h et jusqu’au jour même 13h30.