« ET SI ON S’IMBRIQUAIT LES UNS DANS LES AUTRES ? »

À la croisée de la danse contemporaine, du cirque et de la peinture, Jonathan Foussadier aka Jhon Fou multiplie les formes d’expression. Avec une seule obsession : le corps. Son exposition de dessins « Nokia » sera visible à partir du 22 juillet à Providence Guéthary.

« Je suis le fils caché de Picasso et de Robert Combas », plaisante le grand blond à la chevelure bouclée. À 33 ans, Jonathan Foussadier a plus d’une corde à son arc. Après une formation aux arts du cirque à Toulouse, il s’est consacré à la danse contemporaine et à la peinture avec son style volontairement naïf et jouant avec les mouvements du corps humain. Ce Getariar d’adoption a découvert le Pays Basque il y a plus de dix ans et a aujourd’hui choisi d’exposer ses œuvres à Providence Guéthary dès le 22 juillet.

Dans la mouvance du « bad painting » américain, dont sont notamment issus Jean-Michel Basquiat et Keith Haring, Jhon Fou cherche une forme de communion des corps qui passerait par le social, comme en témoigne sa première forme d’expression artistique : le graffiti. « Dans la rue, tu noues inévitablement des liens avec les personnes qui passent et cela me fascine », explique-t-il. Dès ses quinze ans, celui qui signe Fooz sous ses fresques murales s’est rendu à Paris, Lyon et plus tard à Beyrouth et Rio, pour créer.

« Le fantasme du danseur qui rêve de pouvoir se contorsionner dans tous les sens »

 Son personnage phare ? Celui qui s’imbrique à un autre, lui-même encastré dans un troisième et ainsi de suite. Ce contact des corps constitue le point d’orgue de sa recherche artistique, tant en danse qu’en peinture. Jonathan Foussadier a d’ailleurs choisi d’appeler son exposition « Nokia » à Providence, en référence au slogan de la célèbre marque de téléphonie mobile : « connecting people », connecter les gens.

Drôle et naïf sont des mots qui reviennent souvent dans sa bouche pour qualifier son travail, où l’on retrouve des aplats de couleurs vives ainsi que des dessins répétitifs, dont ses fameux personnages emboîtés les uns dans les autres. « Cela coïncide avec un certain fantasme du danseur qui rêve de pouvoir se contorsionner dans tous les sens », revendique le Parisien dont l’imaginaire fait fi de toute vraisemblance pour représenter ces corps informes qui s’envoient en l’air.

Friand d’œuvres collaboratives, Jonathan Foussadier espère d’ailleurs pouvoir créer à l’intérieur même de l’espace d’exposition à Providence et en faisant intervenir les visiteurs. « Et si on s’imbriquait les uns dans les autres ? », propose-t-il. À vous de voir…

 

 

 

Alix Fourcade